17.12.2007
POSITIONNEMENT de SUD Etudiant Tours !
"Notre position est donc très claire: l'apparition des bornes monéo constitue une perte de service pour les étudiants et fait rentrer la banque au sein de l'Université par la grande porte, dans un contexte de remise en cause du caractère public de l'Université. Leur présence est innacceptable."
SUD ETUDIANT Tours est la première section syndicale à se positionner sur l'installation du système MONEO au sein de la faculté de Tours! TEXTE INTEGRAL:
le Vendredi 14 Décembre 2007:
Bonjour,
en réponse à votre requête, nous vous envoyons la position du syndicat Sud Etudiant sur la question des bornes monéo.
Le syndicat s'est opposé à la présence des bornes monéo au sein de l'université depuis leur installation.
Si nous n'avons pas fait une grande communication sur ce sujet, c'est tout simplement parce que l'actualité sociale chargée de la rentrée 2007 nous a fait considérer d'autres sujets comme prioritaires.
Cependant, le syndicat a informé les étudiants de ce problème lors des réunions de pré-rentrée, sur des tracts appelant à notre réunion de présentation, et par l'intermédiaire d'un article paru dans le journal Sudversif 37 de novembre 2007 (très peu diffusé il est vrai, lutte sociale oblige...). Cet article, intitulé "Des nouveautés à la fac...", s'il n'engage que son auteur, reflète cependant assez bien la position du syndicat. Voici l'extrait concernant les bornes monéo:
"Une autre nouveauté ayant fait une entrée remarquée cette année est la carte d'étudiant combinée au porte-monnaie électronique Monéo : cet outil est désormais indispensable pour régler tout ce qui est payant à la fac(R.U., cafétéria, photocopies, et sans doutes prochainement les distributeurs de boisson et de nourriture...). En dehors du fait qu'on nous oblige à utiliser un service du Crédit agricole, Monéo présente un certains nombre de contraintes; tout d'abord, pour pouvoir recharger son Monéo, il est presque obligatoire de posséder une carte bancaire, ce qui n'est pas le cas de tous les étudiants(certains n'ont que des cartes de retraits par exemples...). Ensuite, avant, on pouvait soit payer en liquide(qui est quand même le moyen de paiement le plus souple pour nous...), soit en utilisant des tickets; ce qui permettait de dépanner un ami pour qu'il puisse manger, c'est maintenant impossible car la carte est nominative...
L'apparition des bornes Monéo a également eu un drôle d'effet secondaire : la disparition des dernières cabines téléphonique... Certains diront sans doutes qu'avec l'avènement du portable, elles étaient devenues obsolètes, mais plusieurs exemples attestent de leur utilités : les cabines téléphoniques sont bien utiles pour se faire rappeler quand on a pas beaucoup d'argent(cela peut être particulièrement utile pour les étudiants étrangers car les appels internationaux sont onéreux); un autre exemple qui me vient en tête est lors de la mobilisation contre la LEC-CPE, ou la cabine du hall Thélème nous servait énormément pour communiquer entre nous..."
De plus, je crois savoir que les militants Sud Etudiant présents dans la lutte anti-LRU ont fait en sorte que la demande de suppression de ces bornes soit intégrée aux revendications locales portées par l'Assemblée Générale.
Notre position est donc très claire: l'apparition des bornes monéo constitue une perte de service pour les étudiants et fait rentrer la banque au sein de l'Université par la grande porte, dans un contexte de remise en cause du caractère public de l'Université. Leur présence est innacceptable.
Cependant, nous rappelons également qu'à notre sens, il importe de ne pas séparer ce combat des autres que nous avons à mener ensemble, notamment au sein de l'Université, contre la casse de l'Université et pour une Université libre, gratuite et ouverte à tou-te-s.
Salutations syndicales
Sud Etudiant Tours
14:15 Publié dans Prises de position | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.12.2007
PRISE DE POSITION de Bernard Heyberger, professeur à l'université de Tours!
"J'avais moi-même alerté les collègues de l'université de Tours à propos de la carte moneo avec un texte satirique en juin dernier [2007], dans un sens un peu diférent du vôtre." VOICI LE TEXTE:
Bernard Heyberger
Enseignant-titulaire
Université Moneo
Faculté Atout’centre
Antenne de Tours
Je viens de recevoir ma nouvelle carte professionnelle, et je ne résiste pas à l’envie de vous communiquer mes impressions à son sujet.
Il s’agit d’abord d’un objet moderne : une carte à puce plastifiée d’une belle couleur bleue, qui se rangerait parfaitement dans mon portefeuille entre la carte de fidélité de la Redoute et la carte Cofidis, si, pourvue d’un étui transparent et d’une sangle, elle n’était destinée à être portée au cou comme je l’ai déjà vu faire par les employés de mon Monoprix. La sangle, très artistiquement ornée du logo du Crédit Agricole, est destinée à égayer nos mornes allures et nos gris revers de vestes.
Je salue donc ce progrès technique, avec un petit regret : si elle pouvait permettre de cumuler des points « smiles », comme à la SNCF et à la Redoute, cela améliorerait la prestation.
On comprend que cette carte est avant tout à usage interne : faire de la communauté universitaire une harmonieuse communauté de consommateurs, dans laquelle les hiérarchies (heureusement !) s’effacent. Etudiants, personnel administratif, personnel d’enseignement (on n’a pas prévu de mention « enseignants-chercheurs », « maître de conférences » ou « professeur des universités » : titres obsolètes et prétentieux) : tous consommateurs, tous munis du même objet, qui donne accès aux repas du CROUS, aux photocopies et aux bornes MONEO, sans doute aussi aux distributeurs de boissons gazeuses. Il faut que le port de cette carte au cou soit rendu aussi vite que possible obligatoire, afin que les intrus, ceux qui n’appartiennent pas à notre communauté, puissent être immédiatement repérés.
Cette carte aidera à savoir exactement quelles sont nos habitudes de consommation, de déplacements,…de travail, et permettra donc à Moneo, au Crédit Agricole, et à d’autres, d’améliorer encore leur offre à notre destination. D’ailleurs, la confection de la carte était accompagnée d’un long document, qu’on nous proposait de signer, par lequel nous donnions l’autorisation d’utiliser les données nous concernant. J’ai, bien sûr, signé sans hésiter : je me réjouis de recevoir du courrier du Crédit Agricole et d’autres, auxquels le fichier aura été transmis. Enfin, l’université se dote d’un outil de management qui la mettra à égalité avec les grands groupes privés.
Je serai plus ennuyé, lorsque, demandant une carte de lecteur à la Biblioteca Apostolica Vaticana, j’exhiberai ce document pour attester mon grade et ma fonction. J’imagine que l’employé de la bibliothèque, égaré par les grosses inscriptions ATOUT’CENTRE MONEO sur le recto de la « carte professionnelle », aura du mal à me croire lorsque je prétendrai que je suis professeur d’histoire à l’université de Tours. Si, pour le convaincre qu’il ne s’agit pas d’une carte de fidélité de mon magasin favori, je lui dirai qu’elle a été fabriquée par l’UNRC* au bénéfice du PUCVL*, je risque d’aggraver ses doutes. Il la retournera sans doute alors, et y lira « Que toute personne trouvant cette carte est priée de bien vouloir l’adresser sous pli non affranchi à l’émetteur : Crédit agricole… ».
Non, cette carte ne doit pas sortir de l’université Moneo. Je ne parlerai pas de mes fonctions à l’Université de Tours à l’employé de la Bibliothèque Vaticane, qui ne pourrait pas comprendre. Je lui montrerai la « carte professionnelle » qui m’a été délivrée par une institution poussiéreuse : l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ce document archaïque, quasiment cunéiforme, consiste en un bout de carton, sur lequel une main d’un autre âge a tracé mon nom et ma fonction de « Directeur d’Etudes » après y avoir agrafé ma photo. Mais cette pièce hors du temps, qui nécessite presque de recourir à la paléographie, est barrée de bleu-blanc-rouge, et porte en tête, en caractère bien lisibles, la mention : « République Française, Ministère de l’Education Nationale ».
*UNRC : Université Numérique en Région Centre
** PUCVL : Pôle Universités Centre Val de Loire
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